La passerelle de GUÉBLANGE

Le chemin dit « de Kirie Weï » (« le chemin qui mène à l’église ») relie AUDVILLER et WENTZVILLER à GUEBLANGE, avant la construction de la « Krôhss Chtross » (« la grande route ») en 1866. Un ponceau, construit en bois de charpente, enjambe l’Albe et permet au sentier de continuer à serpenter dans les prés inondables.

Sur la rive gauche, en aval immédiat du ponceau, s’élève, jusque vers 1960, un lavoir à linge pour les lavandières. Un lavoir à chevaux, côtoie le précédent. Dit « Schwaim », où « Douch Plaitz », il se matérialise par le fond dallé de la rivière, dans laquelle palefrenier et cheval s’engagent.

Au cours des âges, lors des inondations, le courant emporte régulièrement le petit pont. Il en est ainsi en 1824. Reconstruit, puis réparé en 1850 et en 1861, il menace à nouveau ruine en 1863. Pour réduire le nombre de travées sur piliers, le Maire propose de remplacer une partie du chemin en bois, par un empierrement de soixante centimètres de hauteur et de prévoir un passage pour l’eau en cas de crues. Néanmoins, ponceau et chemin nécessitent d’autres réparations, en 1885 et en 1890.

De plus, la fréquentation du sentier se renforce, depuis la mise en service du chemin de fer et de la gare, en 1881. Ainsi, en 1897, le Conseil Municipal décide de construire le présent ouvrage en fer riveté, reposant sur des culées maçonnées en grès. Édifiée en 1898, d’une seule portée, sans piliers plantés dans le lit de la rivière, cette passerelle très moderne fait la fierté des habitants. En effet, bien que située à PARIS, en France, la tour Eiffel, âgée seulement de neuf ans à cette époque, est connue au village. Elle compte 2 500 000 rivets. La passerelle de GEBLINGEN, quant à elle, comptabilise tout de même environ 2 225 rivets qui assemblent la structure.

Depuis toujours, lieu de jeux, de rencontres ou de solitudes, l’enfant, le promeneur ou le voisin aime s’accouder sur son garde-corps haut, dominer l’Albe et laisser flâner son esprit au fil de l’eau, se ressourcer en jetant un pont entre lui-même et la vie aquatique, qui défile sous ses yeux.

La passerelle reste aujourd’hui, le plus ancien des six ponts sur l’Albe de la commune.

En périodes d’étiage, les bases de certains piliers en chêne, vestiges des ponceaux antérieurs, émergent du fond de la rivière.

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