L’église de GUÉBLANGE

La première église documentée édifiée en ce lieu, orientée Est-Ouest, date d’avant la Guerre de Trente Ans. Détoiturée pendant le conflit, elle reste dans cet état jusqu’en 1717.

En 1747, les habitants de Le Val de Guéblange demandent à Monseigneur l’Evêque de Metz d’agrandir l’église. En octobre 1749, l’autorité épiscopale vient se rendre compte de la situation : « … Nous soussignés, curé de la paroisse de Landorff et Archiprêtre de Morhange en notre dite qualité … nous sommes transportés en la paroisse de Guéblange dans le dahl pour y faire notre visite décement indiquée à ce jour ou nous avons été reçu par le Sieur Goldner [plutôt Goltzne] curé dudit lieu. Après quoy nous avons interrogé ledit Sieur que les Echevins, fabriciens, maître d’école, habitants et communauté dudit lieu et après avoir entendu et examiné le tout nous avons reconnu ce qui est porté aux articles suivants, savoir l’Eglise est trop petite et mal construite avec la tribune qui est la retraite de la jeunesse qui s’occupe à leur badinage au lieu d’entendre la parole de messe. Cette église avec la tribune n’est point capable de contenir la moitié du peuple de la paroisse ainsy il est nécessaire de l’aggrandir et la tourner autrement qu’elle n’est, à cause de la situation du terrain pour la faire en suffisance de contenir ce grand peuple sans tribunes. Tout est ancien dans cette Eglise et mérites d’être réformer les autels aussi bien que tout le reste… Le nombre des communiens se monte à environ cinq cents cinquante et des enfans capables d’instruction cent … ».

L’église vers 1910, plus ancienne photographie connue.

Telle que nous la connaissons actuellement, cette église ne porte aucune trace de transformation, mais l’unité architecturale de ses façades et l’appareillage de ses maçonneries montrent les caractéristiques d’un bâtiment homogène du courant du XVIIIe siècle. Un réel agrandissement de l’ancienne église n’aurait de toute façon pas été possible, car à l’Ouest, le clocher, que les promoteurs souhaitaient maintenir, formait un obstacle et à l’Est le fossé du château en constituait un autre. Le choix s’était donc imposé de lui-même : le nouveau projet d’église devait renoncer à la séculaire orientation Est-Ouest et adopter le sens Nord-Sud. Ici, il s’agit clairement d’une reconstruction de l’ensemble nef-chœur-sacristie, en ne maintenant que le clocher de l’ancienne église.

Le constat dressé, le projet mûrit. Le nouveau sanctuaire reposera sur un remblai, formant podium, d’une épaisseur supérieure à un mètre par rapport à l’assise du précédent lieu de culte. Ainsi, le niveau d’origine du terrain naturel correspondait, avant travaux, approximativement à celui de la rue actuelle. Cette nouvelle assise rectangulaire, sera entièrement ceinte d’un épais mur formant à la fois soutènement et clôture. Il s’agit du mur du cimetière (dont des tronçons latéraux significatifs subsistent) qui restera dans ces limites jusqu’à son agrandissement vers le Sud en 1935-1936, puis en 1997.

Le gros-œuvre de l’église semble achevé en 1766, millésime gravé dans une pierre du chaînage d’angle Ouest de la façade sur rue. Cette dernière mesure 8,6 mètres de hauteur.

Afin de limiter les dépenses, une toiture en croupe remplace le triangle du pignon de la façade sur rue. Fidèle à la même logique d’économie, en couronnement de la façade, une corniche en chêne mouluré peint en imitation d’une corniche en grès prend la place d’une authentique corniche en pierre taillée.

Les aménagements intérieurs suivent, notamment les autels et la chaire baroques. L’autel dédié à Saint Pierre est daté de 1767.

« Aujourd’hui 29 septembre 1767 le Révérend Louis Joseph de Montmorency-Laval Evêque de Metz a béni l’église de notre paroisse du Val de Guéblange de construction nouvelle en présence de nombreux paroissiens et plusieurs curés qui ont signés avec moi Rupperig curé du Val de Guéblange … ».

Au courant de la première moitié du XIXe siècle, l’édifice ne semble pas bénéficier de transformations notables.

En 1856, la nef comporte 570 places louées qui rapportent à la Fabrique la somme de 580,50 francs.

En 1859, la Commune et le Conseil de Fabrique investissent ensemble pour la « … consolidation de la charpente, construction d’un plafond neuf et restauration de l’intérieur de l’église, réparation de la couverture qui consiste à remanier la toiture en tuiles, faire les arêtes et faitages en ardoises … ».

En 1859 également, la pose d’une statue de Saint Pierre, sculptée par Michel JUNG (1819-1898) de SARRALBE, dans une niche au-dessus du portail, adoucit l’architecture austère de la façade principale.

En 1863, l’arrière de la nef s’enrichit d’une tribune, en vue de l’acquisition de l’orgue qui sera installé en 1866.

En 1901, la Commune procède à l’agrandissement de la sacristie.

En 1925, la façade sur parvis et sur rue devient support des deux premiers Monuments aux Morts destinés à perpétuer le souvenir des trente-quatre victimes militaires dans l’armée impériale de la Grande Guerre.

Nef et chœur de l’église le 4 septembre 1949, jour de la bénédiction des nouvelles cloches.

Le 27 décembre 1931, un incendie, trouvant son origine dans la défaillance du chauffage de l’église, ravage le pignon Sud de la nef, les combles du chœur et la chaufferie.

En 1948, le Conseil Municipal décide de couvrir en ardoises la toiture de la nef et du chœur.

La seconde moitié du XXe siècle, verra un appauvrissement progressif irréversible de l’intérieur, par la suppression ou la mutilation de nombreux éléments constitutifs (peintures, tableaux, chemin de croix, luminaires, statuaires, bancs, banc de communion, boiseries, …).

En 2023, la toiture de la nef et du chœur retrouvent leur aspect conforme à celui du Second Empire. La tuilerie de Niederviller fabrique les tuiles plates sur mesures, identiques en tous points à celles mises en œuvre sur la toiture de l’église en 1766, à l’époque de Louis XV.

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